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18 novembre 2017 | כט חשון התשעח
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Simon Elmalem, le styliste de Bar Rafaeli, fier de son identité israélienne

Styliste et ami du top model israélien, Bar Rafaeli, Simon Emalem, est à 36 ans l’une des plus importantes personnalités israélienne du monde de la mode. Portrait d’un touche-à-tout atypique aussi à l’aise dans le glamour que dans le Streetwear.

(Copyright : Yaniv Edry)

(Copyright : Yaniv Edry)

Kikar Hamedina. Tel-Aviv. Autour du mannequin vedette israélien s’affairent habilleuses, maquilleuses et régisseurs. Aux manettes de ce shooting, Simon Elmalem. Visage dévoré par une  barbe de trois jours et des lunettes noires, pour le meilleur « styliste » des Fashion Awards de Holon 2014, l’anonymat n’est pas une coquetterie. Comme tous les génies de la mode, Elmalem est plus disert dans la mise en scène d’une séance photo que pour parler de son travail. Si Bar Rafaeli, icône mondiale du  glamour lui confie les moindres détails de ses apparitions publiques depuis 15 ans, cela ne relève pas du hasard. Entre ces deux-là l’alchimie professionnelle confine à la symbiose amicale. « Styliste c’est construire des histoires puis les mettre en scène pour mettre en valeur un produit, un créateur ou une personnalité », explique Elmalem. Un savoir-faire d’orfèvre qui a déjà séduit l’actrice Ayelet Zurer qui sera à l’affiche en 2016  du très attendu « Ben-Hur » de Timur Bekmambetov. L’actrice et la designer israélienne Dorit Bar Or, fait également partie de la galaxie « Elmalem ».

Son approche ? Une vision humaine de la relation modèle-designer, une simplicité déconcertante. C’est vêtu d’un jean noir et d’une veste en cuir que le styliste tente autour d’un café de nous expliquer sa façon de travailler.

« Ce que je recherche c’est qu’une photo prise aujourd’hui soit encore d’actualité dans dix ans »

Simon Elmalem et Bar Rafaeli en marge d’un shooting photo (Copyright : Yaniv Edry)

Simon Elmalem au Gala du Waldorf Astoria en 2014 aux côtés de Dodo Bar Or (Copyright : Roxann Lowit)

Les mots ne se bousculent pas chez ce taiseux au physique de vidéaste underground ouest – américain. « Ce qui m’anime c’est avant l’amour des belles choses, naturelles et intemporelles, l’art dans son sens noble », nous explique Elmalem qui résume son crédo par «  Believe in yourself ». Croire en soi-même, c’est ce qu’il fait depuis l’âge de 17 ans. Autodidacte, Elmalem débute chez « Zara » avant d’intégrer la maison mère de l’enseigne espagnole Inditex. Pendant 4 ans, il officie en tant que « visual merchandiser ». Derrière ce barbarisme que seule la mode peut générer, une mission stratégique : mettre en place les outils marketing et scénique pour que dans les boutiques de la chaine, les clientes soient attirées par tels ou tels portants. En 2001, il rencontre le photographe israélien Yaniv Edry, sa carrière prend alors un nouveau virage. « Il a été mon mentor et m’a offert l’opportunité de me former ses côtés. D’abord sur les défilés de mode puis dans les prises de série photos, pour les campagnes publicitaires qu’il dirige. Depuis nous n’avons jamais cessé de travailler ensemble», explique-t-il avec respect et admiration. Ensemble, ils signent des campagnes pour Nike,  Arena, Castro et Fox mais aussi L’Oréal et Mac. A contre-courant de la Fast-fashion, Elmalem creuse son sillon avec en ligne de mire  l’intemporel. Il détaille : « Ce que je recherche c’est qu’une photo prise aujourd’hui soit encore d’actualité dans dix ans ». Toujours  entre deux avions, le styliste ne boude pas son plaisir à chaque fois qu’il rentre chez lui, en Israël. S’il a réussi à s’imposer à Paris, Milan, Londres ou New-York, il le concède sans détour « C’est à Tel-Aviv que je me sens le mieux ».

 Elmalem allie chic à la française, esprit Méditerranéen, Rock et glam

(Copyright : Yaniv Edry)

A l’heure des appels au boycott économique, on ne peut s’empêcher de l’interroger. « Dans ce milieu, être Israélien ne m’a jamais posé de problème. Cela fait partie de mon identité. Dès lors que l’on a du talent cela ne rentre pas en ligne de compte », nous explique celui qui se définit comme un « juif traditionnaliste ». Elmalem est à la confluence de plusieurs mondes. Il allie chic à la française, esprit méditerranéen, rock et glam et décline toutes ses inspirations dans ses photos (Instagram : @simonell) comme dans les supports web. Quand on lui demande où il puise son inspiration pour créer, il nous parle de sa maman, mais aussi de Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg. Simon Elmalem un homme pressé qui pense déjà à demain. On le quitte à regret. Dans quelques jours il s’envolera pour New York. Il accompagne Bar Rafaeli au Gala du journal « Times of Israël » qui se tiendra au Waldorf Astoria. Shimon Peres y est attendu. Bar Rafaeli, elle, portera une robe Lanvin signée Alber Elbaz. « Il est talentueux mais aussi israélien », lâche Elmalem pour expliquer son choix. Ensuite, il s’attellera à la prochaine campagne du bijoutier israélien Padani prévue pour l’été 2015. Entre deux engagements, il imagine sa première collection de vêtements avec le même leitmotiv, « Croire en soi-même ». Daria Soussan