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26 septembre 2017 | ו תשרי התשעח
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Liad Shoham, un avocat auteur de best-sellers


orangesAvocat et auteur de thrillers, Liad Shoham est l’un des auteurs les plus populaires d’Israël, chaque livre étant écoulé à quelque 35 000 exemplaires. Ses deux précédents livres publiés en français aux Editions Escales, « Tel Aviv Suspects » (2014) et « Terminus Tel Aviv » (2015), ont été favorablement accueillis par la critique et le public français. Invité à la 11e édition du salon Lire en poche à Bordeaux en octobre dernier, il y a présenté son nouveau roman noir, « Oranges amères », où il est question de disparition et de corruption dans la ville généralement paisible de Petah Tikva, située dans le centre du pays. Liad Shoham, auteur, avocat, mais aussi père et passionné de français, se confie à IsraPresse.

IsraPresse : Présentez-vous aux lecteurs. Qui êtes-vous?

Liad Shoham : Je suis âgé de 43 ans, marié, avec deux enfants, habitant à Tel-Aviv. Je suis avocat et écrivain. Les deux. Pas moins l’un ou l’autre plus. Je n’ai écrit qu’à un âge avancé. Ni moi ni personne d’autre ne pensions que j’avais un talent pour cela. J’ai étudié le droit à l’université hébraïque de Jérusalem puis effectué un deuxième cycle à l’université de Londres.

Je pensais que je serais avocat et seulement avocat. Quand je suis revenu de Londres, j’ai commencé à travailler dans un cabinet d’avocats et je me suis ennuyé au travail. La nuit, quand je rentrais du bureau, j’ai écrit des expériences que j’ai eues à Londres. J’ai écrit pour la première fois dans ma vie. J’ai vraiment apprécié l’acte d’écrire. Lorsque j’ai fini, j’ai voulu montrer mes écrits à mes proches, mais j’avais honte. Je n’ai dit à personne que j’écrivais. Alors, j’ai trouvé une solution et j’ai décidé de montrer mes écrits à des gens que je ne connais pas et j’ai envoyé le manuscrit à des maisons d’édition. J’ai essuyé rejet sur rejet, jusqu’à ce qu’une maison accepte me publier.

Les éditions Kineret Zamora-Bitan ont jusqu’ici publié 13 de mes livres. Le premier, « London in a Pita » (publié en 2001 et inédit en français NDLR), raconte l’histoire d’un jeune israélien étudiant le droit.

IsraPresse : Vous avez vécu en France. Quel est votre sentiment de voir vos livres traduits en français et comment vos livres y sont-ils accueillis ?

Liad Shoham :De 1979 à 1983, j’ai vécu avec ma famille à Paris. Mon père a travaillé au ministère de la Défense et était en mission. Du temps que j’ai passé à Paris, je me souviens d’une période magique remplie d’évènements peut-être à l’exception de la dernière année, quand a commencé la guerre au Liban et lorsque les diplomates israéliens ont été soumis à un certain nombre d’attaques terroristes.

La publication de mes livres en français, peut-être plus que toute autre langue, est un rêve devenu réalité pour moi. C’est à chaque fois très émouvant pour moi quand les journaux dont je me souviens de mon enfance, comme « Le Monde », écrivent de bonnes critiques et encouragent la lecture de mes livres.

Depuis la publication de mes livres en France, j’ai été invité à des festivals littéraires plusieurs fois et chaque fois que je m’y rends, c’est avec plaisir. L’honneur et l’intérêt que les Français portent aux livres et aux auteurs sont incroyables pour moi. Mes livres y sont très bien reçus, trois d’entre eux étant déjà publiés, et le quatrième le sera aussi (après avoir fini de l’écrire en hébreu …).

De temps en temps, je suis confronté a des critiques dirigées contre Israël et des questions pointues de certains lecteurs. Je fais de mon mieux pour répondre et expliquer la position d’Israël et la complexité des choses. Sur cette question, je sens que je boucle la boucle et répète ce que je faisais dans mon enfance, et certainement ce qu’ont fait mes parents avant moi.tlv

IsraPresse : Parlez-vous de votre héroïne, Anat. Pourquoi avoir choisi un personnage féminin pour ce genre de fiction?

Liad Shoham :Anat est une femme dans la trentaine qui travaille comme détective à la police. Le choix de faire carrière dans la police s’est fait au grand dam de ses parents qui ne comprennent toujours pas ce qu’ils ont fait de mal pour que leur fille ait décidé de poursuivre des assassins et des violeurs et plutôt qu’être avocate ou comptable. Ils sont également convaincus que ceci est la raison principale qui l’empêche de se marier et de leur donner des petits-enfants.

Je pense que ce qui caractérise Anat est sa nécessité de comprendre l’environnement dans lequel elle évolue et les motivations des personnes. Elle est très sensible. Bien qu’elle soit fondamentalement une jeune femme disciplinée, elle est parfois contre les dispositions de ses supérieurs et fait ce qu’elle veut.

J’ai longtemps voulu écrire sur un personnage féminin, mais ni ma femme ni mon éditrice ne pensaient que j’étais suffisamment assez intelligent pour écrire sur le sujet et j’ai cédé. Enfin, j’ai tenu bon. Je suppose qu’avec la peur de ne pas réussir à construire une image crédible de la femme, je me suis basé un peu sur ma femme pour construire le personnage d’Anat.

Anat est l’héroïne de deux de mes livres et maintenant elle va apparaître dans le troisième. Beaucoup de lectrices me disent combien elles l’aiment et les lecteurs veulent connaître quelqu’un comme elle. Bien sûr, je ne dis pas aux lecteurs qui a inspiré le personnage d’Anat.

IsraPresse : Vous écrivez des livres pour enfants. Comment se prépare-t-on à ce type d’écriture?

Liad Shoham :Je n’avais pas prévu d’écrire des livres pour enfants, et m’étais même promis de ne pas le faire. Je suis père de deux enfants et lire des livres à mes enfants tous les soirs m’a donné envie de me lancer.

La rédaction de livres pour enfants est un travail en soi, et tout comme j’ai appris à écrire des thrillers, j’ai appris à écrire des livres pour enfants. J’ai écrit puis effacé, effacé puis écrit. À cet égard, le livre d’enfants doit être poli comme un diamant. Les enfants sont moins indulgents et ils n’attendront pas encore quelques pages pour le livre prenne son élan.

J’aime écrire des livres pour enfants, j’aime les réactions que je reçois d’eux et particulièrement dans ma propre maison. Le premier livre pour enfants «Papa construit un gâteau » (Editions Kineret, 2012, inédit en France, NDLR) a été adapté pour la télévision.

IsraPresse : Nous avons également interviewé Dror Mishani, auteur de polars. Peut-on dire que le genre s’est enfin répandu en Israël?

Liad Shoham : C’est ce que je pense. Jusqu’à présent, j’ai publié sept polars, et tous ont été des best-sellers et ont eu beaucoup de succès au sein de l’opinion publique israélienne. Les lecteurs demandent souvent quand sort le livre suivant. Tout cela me rend heureux, non seulement sur le plan personnel, mais aussi au-delà.

Dans le passé, la littérature policière était considérée comme inférieure et indésirable au vu des grandes choses qu’Israël avait à traiter […] Je suis heureux que cela change, parce que dans une certaine mesure, je pense que ce changement signifie que nous avons su surmonter beaucoup en tant que peuple.

Propos recueillis par Nelly Ben Israël