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23 mars 2017 | כה אדר התשעז
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Les villes israéliennes se préparent à la vague d’Alya

Des olim de France  reçoivent leur carte d'identité israélienne (Photo : Miriam Alster/FLASH 90)

Des Olim de France reçoivent leur carte d’identité israélienne (Photo : Miriam Alster/FLASH 90)

Alors que le ministère de l’Intégration annonce l’arrivée en Israël de 8 000 à 9 000 Juifs de France pour l’année 2015, contre 7 000 en 2014, IsraPresse braque les projecteurs sur ces villes qui se préparent à accueillir la grande vague de l’été, à quelques semaines de la déferlante.

À l’heure qu’il est, il encore difficile de connaître précisément le chiffre de l’alya « estivale » en partance de France, d’autant que certains effectueront leur changement de statut en Israël, en particulier les étudiants. Il est néanmoins possible d’estimer le phénomène au vue des données transmises par les nombreux interlocuteurs interrogés par IsraPresse. Environ 800 personnes arriveront sur Ashdod, près de 90 familles à Jérusalem (contre environ 60 en 2014 à la même période), plus d’une trentaine à Haïfa, sans compter les nouvelles villes d’élection telles que Rishon Letzion qui mise sur l’installation d’une douzaine de foyers ou encore Herzliya désormais sur la carte !

« À Jérusalem, la mobilisation des services municipaux a été très réactive, avec une nette accélération après les attentats de janvier, avec en tête le maire de la ville Nir Barkat », se félicite Liza Cohen, coordinatrice francophone de l’intégration à la mairie. Même leitmotiv à Rishon Letzion, qui promeut, à grands renforts de communication depuis l’automne dernier, son positionnement en faveur de l’alya de France. Un oulpan (cours d’hébreu) d’été gratuit s’apprête ainsi à accueillir les enfants en juillet et en août. « Il ouvrira ses portes chaque matin, cinq jours par semaine, entièrement subventionné par la municipalité. Les centres de loisir d’été accorderont, quant à eux, une subvention de 90% aux nouveaux immigrants », précise Tal Lupovosky, directrice du département d’Intégration à la mairie.

Une Alya de France sur le signe du « non-assistanat »

En Israël, l’intégration des olim de France ne s’entend certainement pas sous le signe de l’assistanat. « Ils doivent se prendre en main, même si pour eux c’est la jungle quand ils arrivent ici. Nous sommes là pour les accompagner dans leurs démarches et pour les orienter au mieux, en aucun cas pour leur mâcher le travail », insiste Guy Michel, en charge notamment des activités culturelles francophones à la mairie de Rishon. Et même si la volonté au plus haut niveau de l’État est de soutenir l’Alya de France, « il est encore trop tôt pour commenter l’action concrète du gouvernement », selon lui.

« Le nouveau ministre de l’Intégration, Zeev Elkin, vient tout juste d’être nommé et ce dernier se montre pluraliste, moins centré sur la population russophone que sa prédécesseur Sofa Landver », affirme de son côté Daniel Heffes, de l’association AMI (Alya et Meilleure Intégration).

Une chose est sûre, les Olim de France bénéficieront sans aucun doute de l’esprit d’entraide et de solidarité gravé dans la mentalité du pays. C’est sur ce mode que l’on se prépare à les accueillir à Guivat Shmuel par exemple, « ville bourgeoise, sioniste-religieuse, proche de l’université Bar Ilan, au centre du pays, européenne et moderne attachée à ses racines juives où les habitants vivent confortablement », selon Dvora Schwartz, sur place depuis 22 ans. Pour la première fois, cette banlieue chic de Tel Aviv s’apprête, par l’entremise de l’Alya de groupe, à intégrer une quinzaine de familles directement débarquées de France. Coordinatrice sur place, Dvora explique que « tout au long de la première année d’intégration, chacune d’entre elles sera accompagnée par deux « familles d’adoption », une francophone, l’autre israélienne  »de souche », même si elles bénéficient déjà de relais sur place grâce à l’implication de personnes bénévoles qui les aident dans leurs démarches de recherche d’appartement et d’emploi notamment ».

Même sentiment à Haïfa où Ketty Pardo-Roques, coordinatrice francophone pour la ville depuis plus de cinq ans, décrit « des communautés très chaleureuses, orthodoxes ou sionistes religieuses, mobilisées pour recevoir les futurs olim dans les meilleures conditions », même si la ville déploie des projets concrets, comme la mise à disposition d’appartements d’accueil pour 100 shekels la nuit, par exemple.

Une Alya qui se prépare de France

Les démarches en amont à l’Alya se sont ainsi multipliées cette année. « Nous sommes en contact avec la plupart des familles qui s’installeront à Rishon Letzion, nous nous sommes déplacés en France et nous les avons reçues ici. Nous connaissons leurs besoins qu’elles mettent à jour, s’il le faut, avant leur arrivée », explique Tal Lupovosky. Pour Ketty Pardo-Roques, « le besoin de détenir des informations concrètes, par téléphone, par mail ou en effectuant un court séjour sur place, s’est nettement fait ressentir cette année. Les gens ne semblent pas se sauver de France, ils se préparent à monter bien organisés ».

Katja Epelbaum