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28 avril 2017 | ב אייר התשעז
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Les agences pour l’emploi dédiées aux minorités arabes

Les caissières bédouines du King Store

Les caissières bédouines du King Store (Crédit: Kathie Kriegel)

La cible que s’est fixée le gouvernement israélien à l’horizon 2020, est de faire entrer environ 300.000 hommes et femmes des secteurs arabes, druzes et circassiens sur le marché du travail, ce qui a nécessité de mettre sur pied des structures d’orientation et de formation adaptées. Troisième volet de notre dossier sur l’intégration professionnelle des minorités en Israël.

Une agence à l’interface entre employeurs et demandeurs d’emploi

Une vingtaine d’agences pour l’emploi spécialement dédiée à ces populations et adaptée pour répondre à leurs besoins spécifiques ont été créées entre 2010 et 2014, conjointement par le ministère de l’Economie et l’ONG JDC-Tevet.

Pour les Arabes et les Druzes du triangle nord, les agences se situent à Um-al-Fahm, Sakhin et Nazareth, pour les Circassiens et les Druzes à Yarka, Rameh, Beit Jann, pour les Bédouins du Nord à Bir al-Maksur, Beit Zarzir et pour les Bédouins du sud, dans la région de Beer Sheva, Hurra, Rahat, Ar’ara, Lakiya.
La recherche d’emploi s’organise en partenariat et en coordination avec les autorités et les entreprises locales. Les placements réussis se font souvent en sensibilisant les employeurs aux spécificités de ces populations et aussi en organisant autant que possible des transports entre les localités arabes et les lieux de travail.

En 2014, sur 7.742 participants, le taux de placement a atteint 64%. Au total, depuis le début des opérations jusqu’à la fin de 2014, sur 17 000 demandes, 9100 ont abouti à un emploi.

King store

Le magasin King Store

King Store, une réussite exemplaire

Le centre pour l’emploi Riyan à Rahat, a placé les 190 employés bédouins, dont 120 femmes, dans un des magasins de la chaîne de grandes surfaces ‘King Store’, qui appartient au Groupe Al-Mashhadawi, largement implantée dans le Neguev. Ibrahim Mashhadawi, son directeur, confie à Israpresse, qu’il a spécialement fait installer une aire de jeux pour enfants, afin de satisfaire les besoins des familles nombreuses locales, à 70% arabes.

« Pour ce qui est des employés, il faut être patient », confie-t-il, « il faut leur donner plusieurs chances. Surtout aux femmes. Celles qui en sont à leur premier emploi, n’arrivent pas toujours à se plier aux contraintes horaires. Elles ne viennent pas au travail ou bien arrivent deux heures en retard, soit parce que leur père, dont elles dépendent, ne pouvait pas les emmener ou d’autres raisons familiales », confie-t-il, regrettant que 40% d’entre elles en moyenne, ne parviendront pas à s’intégrer.

Orientation et formation personnalisée

Ibrahim Mashhadawi

Ibrahim Mashhadawi dans son magasin

Le rapport de l’OCDE qui salue le travail accompli et l’efficacité de ces agences, pointe qu’à la quantité devrait s’ajouter la qualité et la stabilité de l’emploi.

Ces populations sont plus exposées aux emplois précaires, avec des contrats à durée déterminée, ce qui les oblige à changer souvent d’employeur. C’est pourquoi dans ces agences pour l’emploi, l’accent est mis sur la formation professionnelle et le développement des ressources humaines avec pour objectif d’encourager l’esprit d’entreprise. Y sont dispensés des cours d’informatiques, d’hébreu, d’initiation à la création d’entreprise et de préparation aux cursus universitaires et aux écoles spécialisées.

Chaque agence est dotée d’une structure d’accueil, qui propose des entretiens personnalisés d’orientation et de soutien. Aujourd’hui, Areej Kernawia, conseillère d’orientation au centre de placement de Rahat, reçoit le jeune Naji, 18 ans, issu de la communauté bédouine locale. «  Si le travail est bien, je suis d’accord pour me déplacer et même d’aller vivre dans une autre ville », confie Naji à Israpresse.

Mais Mme Kernawia l’informe d’abord des formations proposées, des bourses d’études et des subventions à la création de PME offertes. « Mon travail consiste à leur proposer du travail », nous explique-t-elle, « mais souvent, j’arrive à les convaincre d’étudier ou de suivre une formation », dit-elle, ravie. « Plus ils seront qualifiés, plus ils auront une chance de trouver un emploi satisfaisant et stable et nous sommes aussi là pour les encourager et leur donner confiance en eux ».

Prévenir les clivages et les discriminations

Une publicité pour encourager la population arabe à rejoindre le marché du travail

Une publicité pour encourager la population arabe à rejoindre le marché du travail

Intégrer ces communautés dans le monde du travail, leur donne plus de visibilité et contribue aussi à faire tomber les clichés qui entretiennent les discriminations. « Beaucoup d’Israéliens nous croient encore sous-développés. Or nous sommes de plus en plus éduqués et même sur-diplômés », confie Areej. « Dans ma famille, ma sœur fait médecine, ma mère est enseignante et mon père ingénieur, et nous parlons arabe, hébreu et anglais. Que nous soyons de plus en plus nombreux à intégrer le monde du travail leur prouve que nous sommes qualifiés et compétents et cela les encourage à nous faire confiance ».

C’est exactement l’objectif du gouvernement avec la mise en place de ces agences pour l’emploi et des mesures corollaires qu’il a initiées : faire reculer les discriminations à l’embauche et encourager à davantage de mixité harmonieuse entre les populations.

Kathie Kriegel