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18 décembre 2017 | ל כסלו התשעח
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Grèce-Israël : 25 ans de relations diplomatiques

greceAvec ses paysages de mer azur et ses maisonnettes blanches, ses plages ensoleillées et ses tavernes de musique rythmée, la Grèce fait le bonheur des Israéliens pour qui cette destination demeure la plus populaire. Mais les relations entre les deux pays n’ont pas toujours été touristiques et encore moins, aussi chaleureuses qu’elles le sont aujourd’hui. Sans pour autant remonter aux racines profondes de l’antagonisme entre l’hellénisme et le judaïsme et alors que la Grèce et Israël célèbrent aujourd’hui le demi-jubilé de leurs relations, Israpresse vous propose un tour d’horizon sur 25 années de coopération sur le plan énergétique, sécuritaire, touristique, économique et stratégique, sur fond d’amour et de haine.

Si les relations diplomatiques entre les deux pays existent officiellement depuis 1990, la Grèce avait d’abord exprimé ouvertement son soutien aux pays arabes tout au long du conflit israélo-palestinien. Le 29 novembre 1947, elle votait contre le plan de partage et donc, contre la création de l’Etat d’Israël, tout comme ses partenaires arabes. David Ben Gourion lui-même, avait pourtant exprimé la nécessité d’une alliance stable et forte avec la Grèce, mais celle-ci était restée inexistante pendant de longues décennies. Tout au long des années 60, l’Etat d’Israël avait lui aussi choisi son camp et préféré la Turquie comme partenaire stratégique dans la région.
Beaucoup s’accordent à dire que les relations entre les deux pays ont toujours été influencées par celles entretenues entre Israël et la Turquie. Lors de la crise diplomatique qui a opposé la Turquie à Israël en mai 2010 avec la flottille « Marmara », la Grèce s’est donc rapprochée de l’Etat Juif. Certains diront que cette crise avait été l’élément déclencheur du rapprochement entre les deux Etats, d’autres affirment au contraire, que cela a été le prétexte utilisé pour justifier le changement d’état d’esprit dans les deux camps.

Le Premier ministre grec, George Papandreou avec son homologue, Binyamin Netanyahou, lors d'une réunion à Athènes.  Crédit photo: Amos BenGershom/GPO/Flash90

Le Premier ministre grec, George Papandreou avec son homologue, Binyamin Netanyahou, lors d’une réunion à Athènes en 2010. Crédit photo: Amos BenGershom/GPO/Flash90

L’année 2010 a donc été celle du vrai rapprochement entre les deux Etats. En juillet 2010, le Premier ministre grec, Georges Papandreou venait pour la première fois en visite officielle en Terre sainte, évènement qui marquait d’une pierre blanche la renaissance des relations bilatérales amicales entre Athènes et Jérusalem. Son père et prédécesseur, Andreas Papandreou, qui avait qualifié Israël de « nazie » et de « fasciste » lors de l’incursion israélienne au Liban, allié éternel de Yasser Arafat, avait toujours tenu à affirmer son soutien à la cause palestinienne et aux pays arabes de la région. Pourtant, il y a cinq ans seulement, son fils foulait le sol d’Israël et se recueillait devant les stèles des communautés juives grecques décimées pendant la Shoah. En 2010 toujours, lors de l’incendie meurtrier dans les montagnes du Carmel qui avait fait de nombreuses victimes et décimé des hectares de forêt, les avions grecs survolaient la scène du drame tentant d’éteindre le feu avec les équipes israéliennes. En avril 2011, la marine grecque interdisait même à une nouvelle flottille se dirigeant vers Gaza de traverser ses eaux territoriales. L’amitié entre la Grèce et Israël atteint son paroxysme en octobre 2013, lors d’un sommet entre les deux Premiers ministres et une vingtaine de ministres à Jérusalem.

Depuis, la coopération entre les deux pays ne fait que croître et s’améliorer. Les aviations respectives font de nombreuses manœuvres conjointes et la Grèce vient d’envoyer en Israël un attaché militaire habitant d’Athènes. Israël survole le ciel grec lors de ses voyages vers l’Europe et les Etats-Unis et les coopérations énergétiques sont signées et entérinées (elles n’ont juste pas encore vraiment débuté). Au niveau sécuritaire, les deux pays collaborent en coulisse et préfèrent ne pas exposer les détails de leurs accords encore trop jeunes, mais existants. Quant au tourisme, il a été sans nul doute le secteur le plus profitant de la mésentente entre la Turquie et Israël. |En effet, alors que l’Israélien moyen – avide de grands hôtels et de souks où tout se marchande – quittait la Turquie sans se retourner, la Grèce lui ouvrait les bras et les tavernes en proposant des poissons cacher et des salades à base de feta.

M. Netanyahou avec le ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias le 6 juillet. Crédit photo: Ohad Zwigenberg/POOL

M. Netanyahou avec le ministre des Affaires étrangères, Nikos Kotzias le 6 juillet. Crédit photo: Ohad Zwigenberg/POOL

Depuis la montée au pouvoir de l’extrême gauche avec à sa tête le Premier ministre Alexis Tsipras,  les relations avec Israël se sont quelque peu refroidies. La dernière flottille « Liberté III » avait d’ailleurs accosté en Grèce avant de tenter d’atteindre le port de Gaza. Ceci n’a pourtant pas empêché Binyamin Netanyahou de proposer son aide sécuritaire et économique au ministre des Affaires étrangères grec, Nikos Kotzias, lors de sa présente visite en Israël, alors que son pays traverse la plus grande crise économique qu’il ait jamais connue.

Yaël Bornstein